NOUS SOMMES, NOUS

Ce blog traite de toutes les questions liées à la vie de la Côte d'Ivoire, notre pays. Ainsi, nous porterons un regard objectif sur l'actualité politique, sociale, économique et culturelle qui l'anime, sans faux fuyants. Nous proposerons également des "flashbacks" sur les faits et événements qui ont marqué son jeune histoire, en particulier la période de violence qui a suivi le coup d'État du 24 décembre 1999 jusqu'au 11 avril 2011, date qui marque le début d'une nouvelle ère pour la Côte d'Ivoire avec le Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara comme guide. Nous proposerons des analyses, des critiques, des propositions et surtout des coups de gueule. Nous espérons ainsi apporter notre pierre à l'édifice démocratique qui se construit progressivement depuis la chute du dictateur Laurent Gbagbo et son transfèrement salutaire à La Haye ! Merci de nous visiter et de venir à nous, pas comme des ennemis mais comme des frères ou des adversaires voulant participer à l'animation des médias en ce qui concerne notre beau pays ! Nous ne prétendons pas détenir le monopole de la vérité, mais nous avons notre part de vérité ! El Dozo

mardi 24 juillet 2012

Opinion: AFFRONTEMENT A DUEKOUE: la récupération politicienne du parti déchu





La frénésie qui s’est emparé des refondateurs à l’annonce des évènements tragiques survenus récemment à 
Duékoué n’a pas manqué d’interpeller plus d’un observateur de la vie politique ivoirienne. Non pas que lesdits évènements soient anodins ou indignes d’intérêt, loin de là. Mais ce qui passe difficilement, c’est cette propension qu’ont les partisans de l’ex président ivoirien à s’arroger le monopole de la vertu et de l’indignation, et à toujours s’ériger en donneur de leçons. Ce n’est pas la première fois que les frontistes dans leur souci de jouer à fond la carte de la victimisation s’empressent d’instrumentaliser le malheur de pauvres populations et d’en faire un fond de commerce (ce comportement nécrophile a d’ailleurs fini par devenir un de leurs attributs premiers). Mais force est de reconnaître que la dernière cuvée a atteint les sommets en la matière. Photos horribles de corps atrocement mutilés, décompte macabre totalement surréaliste, témoignages sélectifs et parfois imaginaires, accusations fantaisistes et totalement infondées…etc…Le tout accompagné de commentaires aussi grotesques que farfelus. Et surtout n’essayez pas de refréner cet excès de catastrophisme délirant. Les refondateurs ne sont pas tendres avec les modérés, coupables à leurs yeux d’accointance avec le « diable » pour avoir adopté une posture équivoque là où la décence commandait qu’ils se roulassent dans la boue après s’être tranché les oreilles en signe de compassion et de solidarité…Hélas !
 En terre d’Eburnie, tous les morts ne sont pas égaux. Il y a d’un côté ceux qui méritent respect et vénération car étant les héros de la lutte pour « l’indépendance et l’émancipation de l’Afrique ». Et de l’autre ceux qui ne méritent aucune attention car ayant reçu le châtiment que le courroux céleste réserve aux « traitres et aux collabos ». Et c’est sûrement dans cette dernière catégorie que se classent les 4 victimes du quartier « cocoman » ainsi que tous ceux qui sont morts avant eux, coupables de s’être installés dans une région qui n’était pas la leur. C’est aussi dans cette catégorie que se recrutent les 7 soldats de l’ONUCI massacrés il y a peu par les miliciens et mercenaires à la solde de séplou. Ces suppôts de l’impérialisme, Nigériens de surcroît n’ont eu que ce qu’ils méritaient. C’est sans doute dans cette même catégorie qu’il faut rechercher les victimes de la folie meurtrière déclenchée l’année dernière à Abidjan par la garde prétorienne de Dogbo Blé. Faites allusion aux marcheuses d’abobo… « vous voulez rire ! ce grossier montage réalisé à l’aide de Bissap ! » …..Les victimes du tristement célèbre article 125… « quel article 125 ?! cette fable pour la moyenne section du cours préscolaire ?!! Ah, non ! Trouvez autre chose ! »….Le charnier de Yopougon… « C’est la meilleure celle là ! Cette farce organisée pour tromper les ignorants ?! soyons sérieux tout de même…». Vraiment triste !
 C’est trop que de demander aux refondateurs de reconnaître ne serait ce qu’une infime partie de la responsabilité que porte leur camp dans les tueries qu’a connues ce pays. Vous ne les verrez jamais se fendre d’un commentaire du genre :« ..euh ! sur ce point vous avez un peu raison. Je trouve qu’on aurait pu éviter certaines choses.. .». Jamais de la vie. C’est plus fort qu’eux. Pourquoi reconnaitre un quelconque tort quand on peut tout nier en bloc et cela sans frais ? Lorsque vous avez en face de vous de tels individus qui font du négationnisme et du déni perpétuel une ligne de conduite, la tentation est grande qu’entraîné par l’égarement de ces impies, vous n’en arriviez en retour à adopter une posture que la pudeur et morale la plus élémentaire vous interdiraient normalement de cautionner. On pourrait presque dire comme Dom Juan : « Il n’y a plus de honte à cela, l’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertu ».
 Ainsi va la Côte d’Ivoire post crise. Tout le monde se proclame victime, personne n’est coupable de quoique ce soit. Chacun pleure ses morts et se rit des victimes de l’autre camp. On chante la réconciliation mais on fait tout pour qu’elle ne se réalise jamais. On adresse des prières à Dieu pour qu’il nous accorde ses faveurs. Et dans le même souffle, on invoque le diable pour qu’il ouvre sa marmite sous les pas des « mécréants » d’en face.
 Paix ! Pour une fois soyons tous magnanimes. Ce qui s’est passé à Duékoué est un acte abominable qu’aucun prétexte ne saurait justifier. Le peuple Wê a assez souffert des affres de la guerre sans qu’on ait besoin de l’accabler d’avantage en l’utilisant comme bouclier ou comme bouc émissaire. A charge pour l’Etat de faire en sorte que de tels actes ne se reproduisent plus jamais…Snif !
 Comme le disait La Rochefoucauld : « Il y a une espèce de larmes qui n’ont que de petites sources qui coulent et se tarissent facilement : on pleure pour avoir la réputation d’être tendre, on pleure pour être plaint, on pleure pour être pleuré ; enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas. »

http://www.facebook.com/jean.ecclesiaste

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire