NOUS SOMMES, NOUS

Ce blog traite de toutes les questions liées à la vie de la Côte d'Ivoire, notre pays. Ainsi, nous porterons un regard objectif sur l'actualité politique, sociale, économique et culturelle qui l'anime, sans faux fuyants. Nous proposerons également des "flashbacks" sur les faits et événements qui ont marqué son jeune histoire, en particulier la période de violence qui a suivi le coup d'État du 24 décembre 1999 jusqu'au 11 avril 2011, date qui marque le début d'une nouvelle ère pour la Côte d'Ivoire avec le Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara comme guide. Nous proposerons des analyses, des critiques, des propositions et surtout des coups de gueule. Nous espérons ainsi apporter notre pierre à l'édifice démocratique qui se construit progressivement depuis la chute du dictateur Laurent Gbagbo et son transfèrement salutaire à La Haye ! Merci de nous visiter et de venir à nous, pas comme des ennemis mais comme des frères ou des adversaires voulant participer à l'animation des médias en ce qui concerne notre beau pays ! Nous ne prétendons pas détenir le monopole de la vérité, mais nous avons notre part de vérité ! El Dozo

vendredi 13 juillet 2012

La crise postélectorale en Côte d`Ivoire et le recomptage des voix. Et si on mettait fin au dilatoire?

Damanas Adias Pikas, ici dans son rôle commandé par gbagbo

Le dernier refrain vieillissant visant a démontrer que la " proposition " de Laurent Gbagbo de procéder a un recomptage des voix aurait permis à notre pays de faire l'économie d'une guerre, tarde à s'éteindre. Et pour cause, des intellectuels et politiciens ivoiriens et étrangers en plus des propagandistes de l'ancien Président ne manquent aucune occasion de revenir sur cette "proposition", en négligeant de relever à dessein ou par ignorance (ce qui est très grave pour des intellectuels) son caractère inopérant aussi bien au regard de la loi ivoirienne que des précédents dans l'histoire. Redonnant du coup à cette "proposition "sa vraie substance dilatoire.
Le camp Gbagbo et ceux qui croient naïvement que le recomptage des voix était la solution idoine pour régler le contentieux électoral ont abondement fait référence aux élections présidentielles américaines de 2000 et haïtiennes de 2010. Mais une analyse minutieuse de ces 2 cas montre qu'ils sont différents du cas ivoirien au plan constitutionnel donc légal et politique pour constituer une alternative au contentieux ivoirien.
Avant d'entamer l'examen de ces cas précités, ayons en mémoire les chiffres officiels proclamés par la CEI qui sont les mêmes que ceux de la cour constitutionnelle. La seule différence étant que Mr Yao N'dre en est arrivé à proclamer Laurent Gbagbo Président après avoir annulé 600 mille voix dans 13 départements du nord et du centre du pays en violation de l'article 64 du code électoral ivoirien. La CEI dont les résultats ont été certifiés par les Nations Unies, proclame donc dans son édition du 2 décembre 2010, les résultants suivants: Alassane Ouattara 2.483.164 voix soit 54.10%, Laurent Gbagbo 2.107.055 voix soit 45,90%. D'après ces résultats officiels donc, Alassane Ouattara a devancé Laurent Gbagbo de 376109 voix soit plus de 8 points en termes de pourcentage. Politiquement parlant, c'est une large victoire et les sportifs ajouteront sans appel. A titre de comparaison, la dernière élection historique en Egypte a donné pour Mohammed Mursi 51,73% contre 48,27% pour Ahmed Shafik. En France, François Hollande a gagné avec 51,64% contre 48,36% a`Nicolas Sarkozy. Un simple rappel pour éclairer qui doit l'être sur l'ampleur de la victoire du Président Alassane Ouattara. Régulièrement cité, l'exemple américain de 2000 qui a vu George Bush et Al Gore se disputer la victoire jusque devant la Cour suprême de leur pays est différent du cas ivoirien pour les raisons suivantes: d'abord, aux Etats-Unis, les constitutions des Etats contiennent une clause de recomptage automatique des l'instant où la marge qui sépare les candidats est inferieure ou égale à un demi point de pourcentage. A l'exception de l'Etat du Massachusetts oule recomptage est une procédure judicaire, aux Etats-Unis, ce ne sont pas les candidats qui appellent au recomptage, encore moins un candidat qui s'est fait prêter serment et qui propose cette solution pour régler un contentieux. C'est donc la clause automatique prévue à l'article 102 de la constitution qui déclenche le recomptage en Floride entre George Bush et Al Gore. Il est bon de noter que la marge était exactement de 537 voix. Si le contentieux ivoirien se présentait au pays du Président Obama, les américains auraient dit que Laurent Gbagbo n'a pas franchi le " threshold", c'est a`dire le seuil de considération pour un recomptage.
La Floride ne détient d'ailleurs pas la palme de l'étroitesse des victoires électorales. En 1974 après plusieurs opérations de recomptage lors des élections sénatoriales dans l'Etat du New Hampshire, Louis Wyman a battu John Durkin de 2 voix. L'Afrique n'est pas en reste puisqu'en 2001 au second tour de l'élection présidentielle Pedro Pires du parti pour l'indépendance du Cap vert avait défait Carlos Veiga du Mouvement pour la démocratie par 12 voix. La palme du plus long et plus conteste recomptage aux Etats-Unis revient à l'élection sénatoriale de novembre 2008 entre le sortant, le républicain Norm Coleman et son challenger démocrate Al Franken dans l'Etat du Minnesota. Apres 3 opérations de recomptage dont les 2 premières avaient donne la victoire à l'un et à l'autre des candidats, la 3eme était la bonne pour le challenger qui gagnait d'une courte tête avant que la Cour suprême de l'état ne mette fin à ce ping pong en rejetant une nouvelle contestation du vaincu, le candidat républicain. Norm Coleman finissait par concéder sa défaite le 30 Juin 2009 soit 238 jours après l'élection.
Le cas haïtien également cité par le camp Gbagbo apparait lui aussi à l'analyse comme un contre-exemple. Quel était le contexte dans ce pays? Les résultats contestés du 1er tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 plaçaient en tête Mme Mirlande Manigat, ancienne 1ere dame avec 31%, second, Mr Jude Célestin , gendre du Président sortant René Préval avec 22% et en 3eme position le chanteur de Kompas, Michel Martelly avec 21% donc non-qualifie pour le 2eme tour prévu le 16 Janvier 2011. La publication de ces résultats avait provoqué de violentes manifestations au cours desquelles plusieurs personnes avaient trouvé la mort. La faible marge séparant le 2eme et le 3eme et les relations particulières liant Jude Célestin du parti au pouvoir et le Président sortant ont suscite auprès d'une large frange de la population des soupçons de fraudes pour favoriser le protégé du Président sortant. Un recomptage, en fait une vérification des procès verbaux de bureaux de votes (environ 3000) dont certains affirmaient qu'ils arrivaient de nulle part était exigé par la communauté internationale. A ces nombreux appels au recomptage, le Président Bill Clinton qui a fait sienne la cause haïtienne ajoutait sa voix a`un appel au nouveau comptage des bulletins et chose importante, il affirmait que les membres du conseil électoral provisoire (la CEI haïtienne) étaient à l'origine de cette initiative. La tache est donc confiée à 6 experts de l'organisation des états américains ( OEA ), un statisticien, un informaticien, 2 experts juridiques et 2 experts électoraux de faire le point sur les votes de la présidentielle du 28 novembre 2010.
Apres 2 mois de turbulences, le conseil électoral provisoire valide une solution prônée par les experts de l'OEA et la communauté internationale. Cette décision est acceptée par le parti au pouvoir qui retire son candidat. Cet acte de sagesse du parti au pouvoir a permis d'éviter au pays une crise interminable. Comme si, Gbagbo acceptait en dernier ressort la décision du groupe de haut niveau de l'Union africaine pour sauver son pays du désastre.
Contrairement donc à une idée répandue chez les adeptes de la pensée de Gbagbo et de leurs alliés, et comme le démontrent les exemples américain et haïtien, le recomptage répond à des exigences constitutionnelles ou à des modalités qui tournent au tour d'un point essentiel: l'étroitesse de la marge de victoire. Chose complètement absente du contexte ivoirien tant la marge entre le vainqueur et le vaincu est grande. S'est-on jamais demande sur quelle base un tel recomptage se serait fait? Les 600 mille voix de nos compatriotes du nord et du centre éliminées par le Pr Yao N'dre auraient-elles été prises en compte? Dans un cas comme dans l'autre, cela aurait été inutile parce que le résultat était connu d'avance.
La proposition de Gbagbo était donc du dilatoire qui acceptée lui aurait permis d'asseoir son pouvoir usurpé, le mettant en position de rejeter tout résultat qui lui serait défavorable au nom de la constitution dans la droite ligne de sa pensée politique. Les ivoiriens ont encore en mémoire le forum de la réconciliation en 2001 que Laurent Gbagbo avait initie. Aussitôt installé, l'ancien Président signalait au directoire que le forum n'était pas un parlement bis. Gbagbo avait par la suite refusé d'autorité d'entériner 12 des propositions de ce forum.
Par conséquent, les ivoiriens s'étant déclarés de façon claire et décisive pour un des candidats, il ne devrait plus y avoir de circonstances atténuantes pour un mauvais perdant connu pour ses arabesques politiques.


Marcellin Guidy
Cadre Marketing-Publicité et communication
USA

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire